Ce projet rassemble et valorise les recherches actuellement en cours ou en projet, à partir d’un objet fédérateur : l’entretien en tant qu’outil méthodologique pour penser les savoirs du corps, et les savoirs en danse en particulier.
Porteurs de projet
- Sarah Andrieu, CTEL, anthropologue de la danse
- Federica Fratagnoli, CTEL, analyste du mouvement et des savoirs somatiques
- Alice Godfroy, CTEL, poéticienne de la danse
- Marina Nordera, CTEL, historienne de la danse
- Joëlle Vellet, CTEL, spécialiste de la transmission en danse
- Grégori Jean, CRHI, phénoménologie
- Clarisse Goudet, CRHI, esthétique
Partenaires
- Silvia Paggi, PR émérite, anthropologue visuelle (LIRCES)
- Arnaud Halloy, MCF, anthropologue (LAPCOS)
- Marc Aubaret (Centre Méditerranéen de la Littérature Orale)
- Johanna Bienaise (UQAM Montréal)
- Jeff Friedman (Rutgers University, USA)
- Donatella Orecchia (Università di Roma Tor Vergata)
- Livia Cavaglieri (Università di Genova)
- Roland Huesca (Université de Lorraine)
- Romain Bigé (CNRS/Labex Arts H2H)
- Frédéric Pouillaude (Université Aix-Marseille)
- Jean Clam (CNRS/EHESS)
- Julien Farge (CNRS/Archives Husserl)
- Elsa Baellanfat (Lycée Louis-le-Grand)
- Céline Denat (Université de Reims)
- Roberta Shapiro, chargée de recherche (IIAC, Ministère de la Culture)
- Catherine Kych (danseuse)
- Matthieu Gaudeau (danseur)
- Ghyslaine Gau (danseuse)
- Chantal Loïal (danseuse)
- Nicole Harbonnier (Université du Québec à Montréal)
- Luisa Passerini, PR émérite, Institut Universitaire Européen, Florence (Italie), historienne, conseillère scientifique du projet.
- Cecilia Pennacini, professeur associé, Université de Turin (Italie), Département Cultures, Politiques, Société, anthropologue visuelle.
- Riccardo Putti, professeur associé, Université de Sienne (Italie), Dipartimento di Scienze Sociali Politiche e Cognitive (DIPOC), anthropologue visuel.
- Nadine Sieveking (Georg-August Universität-Göttingen)
- Pascal Simonet (Aix Marseille Université)
Dates
janvier 2019 - juin 2021
Sources de financement
MSHS Sud-Est, Crédits Scientifiques Incitatifs, CTEL, CRHI
Objectifs
Résumé :
« Dire le corps : pratiques de l’entretien en danse », est un projet collectif conçu par l’ensemble des enseignantes-chercheures en danse du CTEL avec l’appui des membres du CRHI engagés dans une recherche en esthétique et en philosophie de l’art. Ouvert aux docteur.e.s et aux doctorant.e.s de diverses disciplines, il fédère plusieurs partenaires rattachés à la MSHS Sud-Est, à l’UNS, à l’UCA comme à d’autres institutions nationales (Centre national de la danse) et internationales (Institut Universitaire Européen de Florence, Université de Turin, Université de Sienne), et s’inscrit résolument dans le périmètre de l’EUR CREATES.
Ce projet rassemble et valorise les recherches actuellement en cours ou en projet, à partir d’un objet fédérateur : l’entretien en tant qu’outil méthodologique pour penser les savoirs du corps, et les savoirs en danse en particulier. Le projet vise également à inscrire ces recherches dans un réseau international, où la question de l’entretien émerge actuellement de manière éparse et fragmentée, notamment en relation avec les problématiques de formulation et de recueil des savoirs en danse, mais aussi de la construction de la mémoire et de l’histoire de la danse (engagement des institutions patrimoniales, production de traces, tel que s’y attèlent par exemple les bibliothèques/archives).
Objectifs et méthodologie :
Les savoirs propres au geste artistique des danseurs et chorégraphes, qui concernent leurs pratiques de création ou de transmission, restent malaisés d’accès. Une opacité (Glissant 1996) qui relève d’une double difficulté : difficulté à dire ce que le corps sait, et réticence des dépositaires de ce savoir incorporé à l’écrire. Désignant les danseurs comme un « peuple silencieux », Rudolf Laban soulignait déjà cette prédilection marquée pour le mouvement aux dépens de la parole – un choix risqué dans une société où le jeu du pouvoir s’acquiert par le logos. S’il existe une difficulté avérée de mise en mot – et plus encore de mise à l’écrit – de certains savoirs dansants, le manque est encore plus palpable dans le domaine des savoir-faire, c’est-à-dire de l’expérience corporelle. Cet état de fait confronte les études en danse à l’un de leur principaux paradoxes – celui d’un hiatus entre la richesse de leur objet et la relative pauvreté des matériaux à partager.
Valoriser l’entretien dans la recherche en danse, tout en élaborant des méthodologies appropriées, reviendrait donc à créer les conditions nécessaires pour accéder enfin à la processualité du geste et de la démarche artistique. Loin de se réduire au seul acte de « dialoguer », l’entretien sera envisagé dans sa polymorphie : comme source, comme archive, comme matière artistique, comme mode de relation (entre danseurs, entre danseurs et chercheurs, entre le danseur et sa propre pratique) et aussi comme méthode de recherche, permettant de faire apparaître, dans sa dimension heuristique, un savoir que l’on ne se savait pas.
Actualités, événements
- « Dire le corps dansant : le logos philosophique à l’épreuve de la danse », Journées d’étude internationales, 3-4 octobre 2019, Campus Carlone, MSHS Sud-Est.
- « La danse à l’épreuve de l’artification », Journées d’étude internationales, 7-8 novembre 2019, Campus Carlone, MSHS Sud-Est.
- « Pratiques de l’entretien en danse », Journées d’étude internationales, 25-26 juin 2019, Campus Carlone, MSHS Sud-Est.
- « S’entre-tenir : faire parler les savoirs du corps », Atelier de la danse n°9, 5-6-7 décembre 2019, festival de danse de Cannes.
- « Atelier #14Juillet2016 : mouvements, mémoires, espaces », recherche-action menée dans le cadre du projet « #14Juillet2016 » en partenariat avec l’AfVT et Le 109, 25, 26, 27 septembre 2020 et 25, 26, 27 juin 2021, Campus Carlone et Entre-Pont.
Publications
Un groupe de recherche pluridisciplinaire (ExCo - Expliciter par corps) qui travaille sur l’explicitation du vécu corporel à travers l’utilisation de l’entretien d’explicitation (Vermersch 1994, 2012) ou microphénoménologique (Petitmengin 2001) a été mis en place par Federica Fratagnoli (CTEL) et Arnaud Halloy (LAPCOS) en septembre 2021. Ce groupe de recherche se réunit via Zoom une fois par mois. L’objet principal de ce groupe est la corporéité en situation, à savoir l’étude du vécu corporel en tant que lieu et mode opératoire d’une perception-action au sein d’un milieu ou écosystème perceptif. Son but est de contribuer à l’élaboration d’un outil descriptif et d’une épistémologie spécifiques à l’explicitation du vécu corporel. L’aspect pratique et expérimental est privilégié lors de ces séances collectives. La réflexion théorique vient enrichir et compléter les observations surgies lors de la pratique et prend des formes différentes en fonction des besoins repérés : exposés, discussions, lectures et commentaires de textes, etc. Une journée d’études collective à l’Université Côte d’Azur est envisagée pour l’année universitaire 2022-23.
Le projet « Cartographier les pratiques improvisées. Création d’un outil partagé par et pour les praticiens du temps réel » poursuit les réflexions menées dans le cadre des Pratiques de l’entretien en danse. Porté par l’Institut Universitaire de France, il vise à cartographier la pollinisation (circulations, filiations, influences) des pratiques expérimentales improvisées qui animent les arts de la parole et du geste, c’est-à-dire à inventer à plusieurs un outil partagé qui prendra la forme d’un site internet, plurilingue et en accès libre,
permettant de se repérer dans l’histoire – ses continuités, ses discontinuités – de l’improvisation. La première phase du projet nécessite l’élaboration d’une chaîne collaborative d’histoires orales. Cette entreprise de collecte de témoignages individuels, prenant chacun la forme d’une carte contée, est en cours, et fera l’objet du Centre de ressources de la seconde édition de l’Improvisation Summer School (7-16 sept. 2022, Îles de Lérins, Cannes).
Ce projet est issu d’un premier laboratoire de recherche qui s’est tenu du 11 au 15 octobre 2021 au Château de Saint-Ferréol (Drôme), avec : Carla Bottiglieri (IT), Alice Godfroy (F), Bettina Neuhaus (DE/NL), Christine Quoiraud (F), Mandoline Whittlesey (US/F), Sandra Wieser (CH), ainsi que les étudiants du Master Arts – « Savoirs du corps dansant : improvisation, transmission, archives » de l’Université Côte d’Azur.